(5) Les momies parisiennes

Dès que l’ordinateur fut démarré, elle lança sa première recherche Internet. Après une volée de clics frénétiques, une page sur la révolution de 1848 apparut :
Le 10 décembre 1830, on décida d’élever une colonne funéraire sur la place de la Bastille. Les travaux furent menés de 1833 à 1840. Ils furent confiés aux architectes Cellerier et Alavoine, secondés par Joseph–Louis Duc et Baltard. Chargés d’ériger ce monument en l’honneur des morts des Trois Glorieuses, ils conçurent une colonne creuse, en trois parties, afin de symboliser les trois glorieuses journées. Surmontée d’un génie représentant « La Liberté qui s'envole en brisant des fers et en semant la lumière » , la colonne fut inaugurée le 28 juillet 1840. 
Dans une galerie souterraine semi-circulaire furent installés deux grands sarcophages de plus de dix mètres de long contenant chacun vingt-cinq cercueils de chêne et de plomb. Dans chaque cercueil reposent à ce jour les ossements de dix combattants mêlés, fait singulier, aux restes d’antiques momies égyptiennes. Mais d’où proviennent ces  momies ? 

Quelques décennies auparavant, lors de la campagne d’Égypte menée par Napoléon, les savants qui l’accompagnaient ramenèrent quelques momies qu’ils entreposèrent dans une salle de la bibliothèque nationale. Au contact du climat humide parisien, les momies, qui s’altéraient, furent enterrées clandestinement dans un jardin de la bibliothèque. Quelques années plus tard, ce même jardin reçut les victimes de la révolte contre les Ordonnances. Il est aisé d’imaginer la suite, quand on procéda à l’exhumation des défunts pour rassembler leurs dépouilles sous la place de la Bastille.
Marie crut défaillir à la lecture de l’article. Pensant toutefois qu’il s’agissait d’un site au contenu discutable, tant l’anecdote des momies égyptiennes lui semblait extravagante, elle poursuivit ses investigations. Mais au fil des pages, les faits se confirmèrent. Aussi étrange cela pût-il paraître au premier abord, on avait bel et bien inhumé des momies sous la place de la Bastille. Elle apprit également qu’au début du vingtième siècle, des terrassiers avaient trouvé, en creusant sous les anciens fossés de la Bastille, une statuette d’Isis datant de l’antiquité romaine, et que sous la colonne de Juillet, à côté de la nécropole des révolutionnaires de 1848, se trouvait une salle renfermant une momie, que l’on apercevait lors des tours en péniche organisés sur le canal Saint-Martin . Enfin, elle découvrit que l’oiseau de pierre était un jabiru , dont les contours avaient donné naissance à un hiéroglyphe très usité .

A suivre...

Dans le prochain épisode, vous ferez plus ample connaissance avec Marie (ne rêvez pas, "plus ample" ne signifie pas "intimement").
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